Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Alain S-H (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Je me posais une question étymologique. Le mot livre vient du latin liber, de même que le mot « librairie ». Je me demandais alors pourquoi le mot « livre » avait pris un « v » à la place du « b » et pas « librairie » ?

Je vous remercie de votre réponse.

Alain S-H (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Cette différence vient du fait que livre est issu, au xie siècle, du latin, par la langue populaire, et en passant du latin au français, il s’est transformé, alors que librairie, emprunté, au xive siècle, du latin libraria, est resté beaucoup plus près de la forme latine. En passant du latin au français la consonne occlusive labiale b s’est affaiblie en fricative labiale V. On a d’ailleurs un phénomène parallèle avec le groupe fièvre et fébrile : le premier est issu du latin febris (et là aussi b passe à v) alors que fébrile, dans lequel le b s’est conservé, est emprunté de febrilis, « de fièvre ».

Edouardo G. (Séville)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonsoir,

La professeure m’a signalé qu’on ne commence jamais une phrase en français avec « parce que » :

Je ne trouve pas une explication pour cette maudite erreur. Pouvez-vous me la donner, s’il vous plaît ? Merci beaucoup.

Edouardo G. (Séville)

L’Académie répond :

Monsieur,

Les propositions introduites par parce que sont des circonstancielles et, dans la plupart des cas, elles sont mobiles.

On peut dire Il n’a pas pu venir parce qu’il était malade, mais aussi Parce qu’il était malade, il n’a pas pu venir. C’est car qui ne peut être en début de phrase.

Edouardo G. (Séville)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonsoir,

La professeure m’a signalé qu’on ne commence jamais une phrase en français avec « parce que » :

Je ne trouve pas une explication pour cette maudite erreur. Pouvez-vous me la donner, s’il vous plaît ? Merci beaucoup.

Edouardo G. (Séville)

L’Académie répond :

Monsieur,

Les propositions introduites par parce que sont des circonstancielles et, dans la plupart des cas, elles sont mobiles.

On peut dire Il n’a pas pu venir parce qu’il était malade, mais aussi Parce qu’il était malade, il n’a pas pu venir. C’est car qui ne peut être en début de phrase.

Hélène A. (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Dans la Bible, quel futur prophète est sauvé des eaux du Nil par la fille de Pharaon ? Je suis gênée par « de Pharaon ». Dans mon dictionnaire, je n’ai trouvé aucun Pharaon en majuscule. J’aurais écrit « la fille du pharaon ».

Qui a raison ?

Merci d’avance pour votre réponse.

Hélène A. (France)

L’Académie répond :

Madame,

La présence ou l’absence de l’article fait que l’on a, ou non, un nom propre. On écrira donc La fille de Pharaon ou la fille du pharaon. Pharaon est fréquemment employé comme nom propre, en particulier dans les invocations.

Mickael G. (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Nous entendons régulièrement dans les médias le verbe « déforester ».

Existe-t-il ? Où est-ce un abus de langage ?

Mickael G. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le verbe déforester est attesté, au moins dans l’immédiat après-guerre. On le trouve dans des ouvrages de sylviculture, mais l’usage préfère déboiser.

Xavier L. (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Pour désigner la littérature de sagesse, et ce qui est lié à la sagesse en général, on utilise l’adjectif sapientiel, mais, peut-être par influence de l’anglais (sapiential), on trouve aussi en français sapiential, notamment au pluriel où il me semble lire « les littératures sapientielles » (plutôt que sapientiales), mais au masculin pluriel « les genres littéraires sapientiaux » (plutôt que sapientiels). Y a-t-il une forme qui, morphologiquement, se déduit du système français plus logiquement que l’autre ? La forme sapiential est-elle à exclure complètement, même au masculin pluriel ?

Merci de votre attention.

Xavier L. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

La forme en usage est sapiential ; il ne s’agit nullement d’un anglicisme ; cet adjectif est attesté en français depuis le xive siècle ; il est emprunté du latin sapientalis. On le trouve surtout dans l’expression Les livres sapientaux ou, par ellipse, les sapientiaux, qui désigne les livres de sagesse de la Bible : Les Proverbes, l’Ecclésiaste ...

André B. (France)

Le 6 février 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Au gré de mes lectures, j’ai trouvé le titre de ministre de la Feuille. Titre d’Ancien Régime que j’ignore.

Merci d’avance.

André B. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le titre complet est ministre de la Feuille des bénéfices ; c’est un religieux, souvent le confesseur du roi, qui l’aide pour la désignation des titulaires de bénéfices ecclésiastiques. On disait aussi Évêque de la feuille. Et aussi, en un sens analogue La feuille des pensions.

Collège Beaumanoir Classe 6E. (France)

Le 6 février 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Nous sommes le collège Beaumanoir de Ploërmel, dans le Morbihan.

La classe de 6E voudrait vous poser deux questions.

Première question : pourquoi la lettre « z » est-elle la dernière de l’alphabet ?

Deuxième question : plus largement depuis quand l’alphabet français suit-il un ordre A,B,C ? Qui a décidé de cet ordre ?

En vous remerciant par avance de vos réponses.

Collège Beaumanoir Classe 6E. (France)

L’Académie répond :

Chers élèves,

Comme bien souvent, en matière de langue, il s’agit d’une question d’héritage. Notre alphabet vient du latin. Dans cette langue Z était la 23e et dernière lettre. Il a été ajouté à la fin de la République pour rendre la lettre Z (dzéta) dans les mots empruntés du grec. Il a d’abord figuré à la 7e place, mais on utilisait plutôt s ou ss pour dzéta, alors on l’a remplacé, à cette place, par g au 3e siècle avant Jésus-Christ.

L’alphabet latin est composé à l’aide de l’alphabet grec. D’ailleurs le mot alphabet vient d’alpha et bêta, le nom des deux premières lettres de cet alphabet.

J’espère avoir répondu à vos questions et vous souhaite beaucoup de bonheur dans vos études.

Leya B. (France)

Le 6 février 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Je suis étudiante et j’ai une question à vous poser.

Est-il juste de dire « paupérisation de la langue française » plutôt que « appauvrissement de la langue française » ?

En attendant votre réponse.

Leya B. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Le mot paupérisation se prête moins qu’appauvrissement à des emplois figurés. On trouve à ce dernier article, dans notre Dictionnaire, l’exemple suivant : L’appauvrissement d’une langue.

Romain D. (France)

Le 6 février 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Je me permets de vous solliciter concernant une expression qui fait débat. Quelle est l’origine de l’expression : prendre son pied ?

Merci de vos lumières.

Romain D. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

L’expression c’est le pied est d’introduction récente en français. Elle a été beaucoup employée à partir de 1968 et dans les années suivantes pour exprimer toutes sortes de satisfactions, sexuelles ou non. Elle provient sans doute de l’expression que vous citez, un peu plus ancienne (années 1930) : prendre son pied. Celle-ci renvoie au sens argotique du mot pied, à savoir part, portion : prendre son pied signifie donc prendre sa part (de plaisir).

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