Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Aliénor D. (France)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Je souhaiterais savoir s’il est possible de dire « les » + substantif singulier « et » substantif singulier. Par exemple : « Je donne mes nom, adresse et numéro de téléphone pour que vous puissiez me contacter ».

Le cas échéant, je suis preneuse de la règle générale.

Aliénor D. (France)

L’Académie répond :

C’est ce que l’on doit faire. On écrit ainsi tu honoreras tes père et mère. Quand un déterminant commande deux noms singuliers ou plus, il se met au pluriel. Notez qu’un substantif au pluriel peut commander également deux adjectifs au singulier : Les littératures anglaise et française…

Aline S. (France)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Madame, Monsieur,

Dans L’Ingénu (chap I), Voltaire écrit : « [Il tenait dans sa main] une espèce de bourse dans laquelle était un gobelet et de très bon biscuit de mer. » Merci de bien vouloir m’expliquer l’accord au singulier de « biscuit » puisque j’aurais spontanément orthographié « de très bons biscuits ».

Aline S. (France)

L’Académie répond :

Il s’agit d’un tour classique. De s’employait sans l’article quand un adjectif précédait le substantif. Boire de bon vin, d’excellent vin. Aujourd’hui, cet emploi est précieux et vieilli et l’on dit couramment boire du bon, de l’excellent vin.

De plus, à l’époque biscuit s’utilisait au singulier et désignait un pain très sec en forme de galette, peu levé et auquel une cuisson prolongée assurait une longue conservation.

Arnaud D. (France)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Chercheur, généticien, j’entends depuis une dizaine d’années tous mes collègues utiliser le mot trait pour désigner un caractère (au sens de caractéristique individuelle) d’un organisme. J’ai le sentiment profond qu’il s’agit d’un anglicisme car le mot anglais désignant un caractère est trait. Et comme il existe en français l’expression « trait de caractère » je suis persuadé que le glissement a été encore plus aisé. J’aimerais beaucoup avoir votre éclairage sur ce sujet, et je vous adresse ma demande tout simplement car on peut aimer les sciences et sa langue.

Bien sincèrement.

Arnaud D. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

En français, le mot trait désigne depuis le xviie siècle une manière d’agir qui est le reflet d’une qualité ou la marque d’un caractère. Ce sens est toujours présent dans la locution que vous mentionnez : « un trait de caractère ». Ce mot désigne de façon plus générale, depuis le xviiie siècle, un élément caractéristique qui permet de reconnaître une chose ou une personne.

Comme vous le signalez, le mot trait souffre en biologie de l’existence de son homologue anglais trait, que l’on traduit le plus souvent par « caractère », bien que de nombreux ouvrages français de biologie emploient tout de même trait.

Dans le langage courant, il n’y aucun obstacle à l’utilisation absolue, bien que peu courante, du mot trait pour désigner une caractéristique, comme dans la phrase « les grands traits d’un courant littéraire ».

En biologie, on préfèrera le mot « caractère » au mot trait, comme cela est conseillé par la base de données France Terme, élaborée par le ministère de la Culture. On y trouve notamment l’équivalent français de l’abréviation Q.T.L. : « QTL, quantitative trait locus : Locus à caractère quantitatif. Locus dont les allèles ont des effets différents et mesurables sur un caractère quantitatif. »

Augustin C. (France)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Pourquoi avons-nous « soif » et pas « faim » de vengeance ?

Augustin C. (France)

L’Académie répond :

C’est un héritage du latin qui employait beaucoup plus sitis (soif) au sens de « désir ardent, immodéré » que fames (faim). On lit ainsi chez Cicéron cupiditatis sitis, « la soif du désir », libertatis sitis, « la soif de liberté ».

Eléonore G.-D (France)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Je souhaite écrire : « Nous vous adressons ce document, comme vous nous y avez invité(s) au cours de l’expertise ».

Pourriez-vous m’indiquer s’il faut écrire « invité » ou « invités » ?

Eléonore G.-D (France)

L’Académie répond :

On fait l’accord avec nous, mais celui-ci peut avoir plusieurs valeurs. Si c’est un nous de modestie, qui représente une seule personne, on écrira invitée si l’on est une femme, invité si l’on est un homme. Dans le cas d’un vrai pluriel, désignant plusieurs personnes, on accordera au pluriel : s’il s’agit uniquement de femmes on écrira invitées, et s’il y a au moins un homme on écrira invités.

Evariste Y. (Côte d’Ivoire)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Je voudrais savoir laquelle de ces deux expressions est la plus correcte : mettre en garde quelqu’un et mettre en garde contre quelqu’un.

Evariste Y. (Côte d’Ivoire)

L’Académie répond :

Ces deux tours sont corrects, mais n’ont pas le même sens. Mettre en garde quelqu’un signifie « avertir quelqu’un » alors que mettre en garde contre quelque chose, contre quelqu’un signifie « inviter à se méfier de quelque chose, de quelqu’un ».

Peccia G. (France)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Madame, Monsieur,

Nous hésitons sur l’orthographe de « leur » dans la phrase suivante : « les contractants doivent indiquer, avant leur signature, leur[s] nom et fonction ». Convient-il d’écrire « leur » ou « leurs » ?

Je vous remercie par avance pour votre réponse.

Peccia G. (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

Ce déterminant se rapporte à deux noms au singulier.

Il se mettra donc au pluriel et on écrira Leurs nom et fonction.

Pherton C. (Haïti)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Laquelle de ces trois formules est correcte ?

1- Je me lave mes pieds.

2- Je me lave les pieds.

3- Je lave mes pieds.

Merci.

Pherton C. (Haïti)

L’Académie répond :

Je lave mes pieds n’est pas incorrect, mais l’usage préfère nettement Je me lave les pieds. Je me lave mes pieds est incorrect.

Béatrice L. (France)

Le 5 septembre 2019

Courrier des internautes

Dans le cadre de mon rapport de fin d’étude, je suis confrontée à la problématique suivante.

Après l’utilisation du signe deux-points (:), faut-il faire usage de la majuscule ? Si oui, dans quels cas ?

Merci pour votre réponse.

Béatrice L. (France)

L’Académie répond :

On ne met habituellement pas de majuscule après deux points. On écrira donc : « Arriva ce qui devait arriver : il mourut ». Bien sûr, si les deux points introduisent un nom propre, ce dernier conservesa majuscule. « Arriva ce qui devait arriver : Marie tomba ».

Enfin, si les deux points précèdent une citation qui aurait normalement débuté par une majuscule, cette dernière subsiste. « Il me dit : « Veux-tu m’épouser ? »

Carole D. (France)

Le 5 septembre 2019

Courrier des internautes

Bonjour, quelle est la bonne façon d’écrire fut ici ?

Merci beaucoup d’avance !

Or, pour fructueuse et revendiquée qu’elle fût, cette relation de filiation n’en est pas moins marquée par l’ambivalence.

Carole D. (France)

L’Académie répond :

Le groupe pour + adjectif + que est suivi du subjonctif. Voyez le vers de Corneille, Le Cid (Acte I, Scène III) :

« Pour grands que soient les rois, ils sont ceux que nous sommes :

Ils peuvent se tromper comme les autres hommes. »

On écrira donc … pour fructueuse et revendiquée qu’elle fût…

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