Dire, ne pas dire

Néologismes & anglicismes

e-learning

Le 02 mars 2017

Néologismes & anglicismes

Il existe maintenant des enseignements de tous ordres faisant appel à des moyens de communication électroniques. On les regroupe sous le nom de « formation en ligne ». Cette locution rend précisément compte de ce que peuvent être ces nouveaux types de formation ; il est donc parfaitement inutile de lui substituer l’anglicisme e-learning. Et cette substitution est d’autant plus regrettable qu’il arrive fréquemment que les personnes à qui l’on propose ces formations ne maîtrisent pas l’anglais. Faut-il rappeler encore que nommer en anglais ce qui a un nom français n’améliore pas la qualité de ce que l’on nomme, et que le faire devant un public non anglophone est une marque de mépris envers ce public ou, à tout le moins, de grave ignorance de ce qu’il est. On évitera aussi, autant qu’il est possible d’utiliser tous ces néologismes mal venus, construits à l’aide du préfixe très productif e-, signifiant « électronique », comme e-commerce, e-sport, etc.

Made for sharing. Pierre de Coubertin, reviens, ils sont devenus fous

Le 02 mars 2017

Néologismes & anglicismes

Made for sharing. Pierre de Coubertin, reviens, ils sont devenus fous

Nous avons publié récemment la lettre d’un Québécois ayant séjourné à Paris et se plaignant du nombre d’anglicismes qui se lisaient sur les devantures des boutiques. Nous recevons beaucoup de lettres de ce type dans lesquelles nos correspondants, français ou étrangers, déplorent cette mauvaise pratique. Que dire alors du made for sharing destiné à promouvoir la candidature de Paris pour l’organisation des Jeux olympiques de 2024 ? A-t-on à ce point honte de notre langue que l’on n’ose l’employer ? Pense-t-on entraîner l’adhésion de tout un peuple à ce projet en refusant de s’exprimer dans sa langue ? N’y a-t-il nul autre moyen, pour se distinguer de son principal concurrent, que de lui emprunter sa langue ? Est-il logique de se dire fait pour partager si l’on ne veut pas communiquer dans sa propre langue ? N’est-ce pas traiter par le mépris tous les francophones étrangers qui aiment cette langue ? N’est-ce pas oublier que l’article 24 de la Charte olympique précise que les langues officielles du Comité international olympique sont le français et l’anglais ? N’est-ce pas oublier que les jeux modernes furent restaurés par un Français ? Pierre de Coubertin, reviens…

Voyez aussi sur notre site (www.academie-francaise.fr) le communiqué de l’Académie française du 16 février 2017 à ce sujet.

Pool

Le 02 février 2017

Néologismes & anglicismes

L’anglais a emprunté du français le mot poule, non pas avec le sens de « gallinacé » mais avec celui d’« ensemble des sommes mises en jeu dans quelque compétition », et en a fait le nom pool. La forme anglaise a par la suite également désigné un groupement d’États ou d’entreprises travaillant ensemble pour parvenir à des objectifs communs. On a ainsi parfois appelé la Communauté européenne du charbon et de l’acier le Pool du charbon et de l’acier et, dans les années 1960, l’union de pays occidentaux visant à réguler le cours de l’or et du dollar fut nommée le Pool de l’or. Ces deux locutions sont entrées dans l’histoire et on les conservera, mais on évitera, en économie particulièrement, d’employer pool, auquel on préfèrera des noms comme consortium, entente, groupement, etc.

on dit

on ne dit pas

Le consortium du nickel, du cuivre

Un groupement d’éditeurs

Le pool du nickel, du cuivre

Un pool d’éditeurs

 

Self-service

Le 02 février 2017

Néologismes & anglicismes

Le nom self-service est apparu aux États-Unis après la Première Guerre mondiale et en France après la Seconde. Plusieurs formes ont été proposées pour remplacer cet anglicisme : auto-service, dont l’usage n’a pas voulu, et libre-service, qu’il convient d’employer plutôt que self-service ou sa forme abrégée, self.

on dit

on ne dit pas

Une station d’essence en libre-service

Un restaurant en libre-service

Une station d’essence en self-service

Un restaurant en self-service

 

Être au top, être dans le top cinq

Le 05 janvier 2017

Néologismes & anglicismes

Être au top, être dans le top cinq

La forme anglaise top peut être nom, adjectif ou verbe. Elle signifie, suivant les cas, « sommet », « élevé » ou « surmonter ». Le nom anglais top se rencontre dans la locution composite au top, un hybride qui ne dit rien de plus qu’« au sommet ». Quant à la forme être dans le top cinq, elle ne diffère en rien, pour le sens, de la locution « être dans les cinq meilleurs ». On trouve d’autres tournures avec cet anglicisme ; toutes ont des équivalents français qu’il serait dommage de laisser inemployés.

on dit

on ne dit pas

Faire partie des trois meilleurs

C’est très bien

C’est formidable

Être dans le top trois

C’est top

C’est top génial

 

Relevant au sens de Pertinent

Le 05 janvier 2017

Néologismes & anglicismes

Relevant au sens de Pertinent

L’adjectif anglais relevant est attesté depuis le xvie siècle. Il signifie, en fonction du contexte, « qui se rapporte à, applicable à » ou « utile, pertinent ». Ce sont ces formes qui doivent être employées en lieu et place de cet anglicisme.

On ne dira donc pas tout document relevant, mais tout document utile ; une réponse relevante, mais une réponse pertinente. On rappellera bien sûr que le participe présent du verbe relever au sens d’« être du ressort de » est d’un emploi parfaitement correct : une affaire relevant du droit maritime.

Label

Le 01 décembre 2016

Néologismes & anglicismes

Label

Le terme label est issu, par l’intermédiaire de l’anglais label, « étiquette », de l’ancien français label, qui désignait un ruban et qui est également à l’origine de notre lambeau. Label, au sens de « marque distinctive », est bien ancré dans l’usage en droit, domaine où il garantit qu’une entreprise respecte les conditions de travail définies par la loi (label syndical) et dans le monde du commerce où il peut certifier l’origine, la qualité d’un produit (label de conformité, d’origine) : on évitera de lui donner le sens trop étendu de marque et surtout de l’employer au figuré au sens de signature, étiquette ou caution, tout particulièrement dans le domaine politique.

 

on dit

on ne dit pas

Les éditeurs de musique indépendants

Une nouvelle marque de vêtements

Ce projet porte la signature d’Untel

Se présenter à une élection sous telle ou telle étiquette, sans aucune étiquette

Les labels de musique indépendants

Un nouveau label de vêtements

Ce projet porte le label d’Untel

Se présenter à une élection sous tel ou tel label, sans aucun label

 

Relooker

Le 01 décembre 2016

Néologismes & anglicismes

Relooker

Nous avons évoqué il y a quelque temps, dans cette même rubrique, le nom look. Il convient maintenant de nous attaquer au verbe qui en est dérivé, relooker, un intéressant cas linguistique, fruit des amours monstrueuses d’un verbe anglais et d’un préfixe itératif, et parfois intensif, français. Ce verbe est assez souvent lié à une injonction plus ou moins voilée : il convient de relooker un intérieur, un curriculum vitae, son apparence, voire de se faire relooker. Rappelons que le français dispose de verbes et expressions comme modifier, refaire, donner une apparence nouvelle, etc., qui nous permettent de nous passer aisément de cet anglicisme.

on dit

on ne dit pas

Les bureaux ont été refaits, réaménagés, rafraîchis

Il a changé d’apparence, de style

Les bureaux ont été relookés

 

Il a été relooké, il s’est relooké

 

Délivrer des informations

Le 03 novembre 2016

Néologismes & anglicismes

Délivrer des informations

Le verbe délivrer, issu du latin chrétien deliberare, « délivrer », a de nombreuses sens. Il signifie « libérer, rendre à la liberté » et s’est spécialisé en médecine avec le sens d’« accoucher une femme ». Par extension, on peut l’employer en parlant de marchandises, d’argent, de documents, etc. que l’on remet aux mains de quelqu’un : délivrer un chargement, un paquet ; délivrer une attestation, une quittance. Rappelons donc qu’on ne délivre que des personnes ou des objets concrets et qu’il convient de ne pas ajouter à ces sens celui de « donner des informations », qui serait un anglicisme.

on dit

on ne dit pas

Il m’a fourni, apporté les informations que je souhaitais

Renseigner quelqu’un

Livrer un secret

Il m’a délivré les informations que je souhaitais

Délivrer des renseignements à quelqu’un

Délivrer un secret

 

Stalker au sens de Harceler

Le 03 novembre 2016

Néologismes & anglicismes

Stalker au sens de Harceler

Depuis peu, certains magazines se sont emparés du verbe anglais to stalk et en ont fait un anglicisme stalker, ou stalquer. Le verbe anglais signifie « chasser à l’affût » et, par extension, « traquer ». Il n’est plus aujourd’hui limité au domaine cynégétique, mais s’emploie aussi pour désigner l’espèce de chasse à laquelle se livrent les admirateurs d’une célébrité qui souhaitent à tout prix entrer dans sa vie. Le français dispose de termes pouvant rendre compte de ce phénomène, dont une partie, comme en anglais ont d’abord appartenu à la langue de la chasse, comme guetter, traquer, chasser, mais aussi épier ou harceler. On abandonnera donc cet anglicisme, au profit des formes françaises que nous venons d’énoncer.

on dit

on ne dit pas

Il est harcelé par ses admirateurs

Passer des journées entières à traquer son idole

Il est stalqué par ses admirateurs

Passer des journées entières à stalquer son idole

 

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